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Après la vague épidémique, les outre-mer se préparent à affronter un véritable tsunami économique


Vendredi 10 avril 2020

La Délégation sénatoriale aux outre-mer s’est réunie le jeudi 9 avril afin d’échanger sur la situation sanitaire dans les outre-mer et son impact sur des économies déjà très fragilisées.

Cette première réunion depuis le 16 mars dernier a d’abord été l’occasion d’aborder les réalités du confinement dans un contexte de crise sanitaire s’ajoutant, dans certaines collectivités ultramarines, à d’autres difficultés préexistantes et alors que pour toutes, l’éloignement des centres administratifs et souvent la double insularité compliquent la gestion de la crise.

Tous les sénateurs ont exprimé leurs vives inquiétudes face à la vague épidémique qui s’annonce, en décalage de quelques semaines par rapport à la métropole, et ceci malgré les mesures très strictes déjà adoptées. À Mayotte, M. Abdallah Hassani (La République en marche -  Mayotte) a alerté sur "la menace d’une grave crise alimentaire d’ici une à deux semaines", en raison de la fermeture des commerces, de l’absence de possibilité de stockage, du taux de pauvreté (84% de la population en-deçà du seuil), en plus des complications liées aux conditions d’habitat précaire, sans eau courante ni électricité. A Wallis et Futuna, seule collectivité encore épargnée par la contamination au Covid-19, M. Robert Laufoaulu (Les Indépendants-République et Territoires - Îles Wallis et Futuna) a notamment fait état de "la difficulté de connaître la réalité des lits de réanimation, ceux réellement opérationnels, et des craintes liées à la forte prévalence dans la population des cas de diabète ou d’obésité".

Alors que le Gouvernement a déployé des renforts humains et matériels au cours des dernières semaines, notamment l’envoi de deux porte-hélicoptères dont l’un est arrivé dans l’océan Indien, les sénateurs ont déploré des pénuries en matière d’équipements médicaux (lits en services de réanimation), de moyens matériels (gel hydroalcoolique, masques, surblouses, appareils de ventilation) et de personnels soignants. À Saint-Martin, M. Guillaume Arnell (Rassemblement démocratique social et européen, Saint-Martin) a souligné "les problèmes d’approvisionnement, y compris des pharmacies, et de livraison des masques pourtant commandés par les autorités locales". À Saint-Pierre-et-Miquelon,  M. Stéphane Artano (Rassemblement démocratique social et européen, Saint-Pierre-et-Miquelon), a précisé que la collectivité a dû adopter "des mesures draconiennes notamment du fait qu’elle ne dispose que de quatre respirateurs pour faire face aux cas les plus difficiles."

A Saint-Barthélemy, un projet de déconfinement anticipé s’appuyant sur la généralisation des tests de dépistage à l’ensemble de la population actuellement en cours d’élaboration a été évoqué par M. Michel Magras (Les Républicains - Saint-Barthélemy). 

Le président de la délégation s’est engagé auprès de ses collègues à "être leur porte-parole auprès des autorités gouvernementales en raison de l’impérieuse nécessité de contextualiser les mesures" en vue d’apporter les solutions les plus adaptées à la diversité et à l’évolution de la situation de chaque territoire.

A l’issue de ces échanges, il a été décidé que la délégation engagera un travail sur l’urgence économique en outre-mer sous la forme d’une étude dont les contours seront arrêtés dans les prochains jours. En outre, une réunion hebdomadaire se tiendra tous les jeudis.

#OutremerSénat

 

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